Jungle : copains, fête et rock ‘n’ roll

En bientôt quatre ans et avec une moyenne de deux concerts par mois, Jungle est rapidement devenu l’un des collectifs phare en ce qui concerne la scène alternative à Liège. On a discuté avec Mathieu, membre du collectif, pour en apprendre un peu plus sur cette joyeuse bande de copains.

JungleSi Liège est leur terrain de jeu actuel, la plupart des membres de Jungle proviennent du sud de la Belgique, de Gaume plus précisément, où ils ont commencé à organiser des concerts il y a une petite dizaine d’années sous le nom de Sabotage Booking : « Là-haut si tu veux voir des groupes, tu dois les faire venir toi même. Il y a toujours eu quelqu’un qui le faisait, on a grandi avec la chance d’avoir quelqu’un qui se défonce pour faire vivre le sud de la Belgique, mais a un moment ça s’est arrêté donc Sabotage Booking a pris le relais », explique Mathieu.

Au fil des années, les envies des membres se sont diversifiées : les uns se sont lancés dans l’organisation de tournées, les autres sont arrivés à Liège avec l’envie de continuer à organiser des concerts, ainsi est né Jungle. Et quand on demande à Mathieu si la transition entre la Gaume et Liège n’a pas été trop compliquée, il répond de manière enthousiaste : « On a vraiment de la chance d’organiser nos concerts sur Liège qui musicalement est une superbe ville. Il y a une grosse scène ici, en témoigne le nombre élevé de collectifs. On a déjà testé de tout et les gens répondent présent pour tous les styles ! On est super content, on ne quitterait Liège pour rien au monde. » Malgré un public fidèle et curieux, organiser un concert à Liège se révèle parfois difficile en matière de logistique : « Je pense que le plus gros problème est de trouver une salle adéquate et disponible où organiser les concerts. On a de la chance de notre côté de pouvoir tout faire à La Zone, ce qui n’est pas le cas pour les autres collectifs. Certains doivent parfois renoncer à faire des top concerts car aucune salle n’est disponible. » Il est vrai que la scène alternative à Liège manque de soutien malgré l’énergie que déploient les différents collectifs à la faire vivre.

Jungle, c’est du 100% local !

JUNGLEOrganiser deux concerts par mois nécessite un sacré investissement, c’est pourquoi Mathieu n’est pas seul à porter ce projet : « Jungle est un collectif assez large ! On a la chance de pouvoir compter sur beaucoup de gens à chaque concert. On n’est pas du tout un collectif fermé, quiconque a de la motivation est le bienvenu pour nous rejoindre ! Certains s’occupent de choisir les groupes et bossent sur les concerts (dîner, accueil des groupes, bar, entrée, promo) et on peut aussi compter sur trois graphistes pour ce qui est design et affiches. » Le collectif fonctionne donc en quasi autonomie grâce aux divers talents de ses membres. Soucieux de conserver cet esprit do it yourself, certains ont mis sur pied un projet de sérigraphie, Forges Edition, qui leur permet d’imprimer des posters de concerts ou le merchandising des groupes. Jungle c’est du 100% local !

Si tous les membres participent à l’organisation des concerts, les décisions relatives au choix des groupes sont également collectives et reposent sur deux principes simples : « On choisit les groupes qui musicalement nous plaisent, et qui ne vont pas à l’encontre de nos valeurs. On ne fera jamais jouer un groupe sexiste, raciste ou homophobe. » Le spectre est donc large et ça tombe bien parce que les goûts musicaux des membres de Jungle le sont également : « On fait jouer tout ce qu’on aime, que ça aille du punk au hip hop en passant par le metal, le psyché et tous les sous genres. Le but est quand même toujours de prendre du plaisir et de ramener des groupes qui ne seraient pas passés par ici normalement. » Au palmarès de cette saison, le collectif peut se targuer d’avoir épinglé, entre autres, King Dude, White Lung, Rome, Conan ou encore La Caution. Rien que ça.

À Liège, chaque concert est une aventure.

JUNGLEBien que les affiches de Jungle proposent régulièrement des groupes internationaux, la scène locale est également mise à l’honneur, d’autant plus que les membres du collectif sont plutôt actifs sur la scène liégeoise : « La plupart d’entre nous sont musiciens dans des groupes liégeois comme Cocaine Piss, Daggers, Umungus, Woods of Yore, Severe, Hombre Malo, Deuil. » Ça permet à ces groupes, ainsi qu’à d’autres productions liégeoises, de partager l’affiche avec des noms qui attirent le public et de se tailler une belle réputation en Belgique et en Europe.

Ceux qui assistent aux concerts organisés par Jungle savent que le critère fête fait toujours partie intégrante de la soirée. Ce goût prononcé pour l’amusement donne lieu à de nombreuses anecdotes cocasses que la décence m’empêche de révéler mais que Mathieu vous contera avec plaisir lors de votre prochain passage à La Zone car, comme il le dit si bien : « À Liège, chaque concert est une aventure. »

La saison venant à peine de s’achever, le collectif prend quelques vacances bien méritées et sera de retour dès le 20 septembre avec BLAAK HEAT et les liégeois de BkillD à l’affiche. Mais comme ça serait trop dommage que ça s’arrête pendant deux mois, Jungle revient le 23 juillet avec la deuxième édition du Transit Festival, organisé en partenariat avec leurs copains de Silenceless, qui aura lieu au Hangar et au Garage.

D’ici là, never stop the madness comme dirait l’autre.

Louise Lange

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