« Badjawe » remet le wallon au goût du jour

Vous les avez déjà peut-être aperçus épinglés au veston ou sur le sac d’un passant, les badges « Badjawe » font fureur depuis leur lancement il y a un an. Bouchon Magazine a rencontré Claire Hennen, la créatrice-graphiste qui se cache derrière cette initiative visant à redonner des couleurs au wallon.

Badjawe

Comment t’es venue l’idée d’afficher des expressions wallonnes sur des badges ?

J’utilise toujours des mots wallons quand je parle, souvent sans m’en rendre compte. Lorsque j’étudiais à Bruxelles, on me le faisait tout le temps remarquer ! (Rires). J’en suis fière, je n’ai donc pas essayé de le camoufler. J’y suis attachée. L’idée des badges est venue lorsque nous avons fait l’acquisition d’une machine à badge sur mon lieu de travail. J’ai alors commencé à mettre des expressions classiques telles que « Oufti » ou « Barakî ».

Le succès a vite été au rendez-vous.

Il a fallu trois mois avant que ça décolle. Au départ, je les vendais via une amie qui tient un magasin à Verviers. Ils partaient rapidement, mais je n’avais pas encore une grande visibilité. J’ai alors décidé d’en cacher dans différentes villes, en m’inspirant du géocaching. Je postais la photo du lieu sur la page Facebook et les gens allaient les chercher. Le succès fut au rendez-vous et la presse s’y est intéressée.

BadjaweTu as alors décliné le concept en plusieurs objets.

J’ai d’abord proposé les aimants et les badges, mais aussi des expressions sur des miroirs. Depuis, la gamme de produits s’est étendue aux décapsuleurs-aimants, aux porte-clés et aux cartes de vœux. A l’avenir, je proposerai peut-être aussi des parapluies et des body pour enfants.

Le graphisme, c’est une passion chez toi ?

J’aime bien ça. Grâce à mon travail, j’ai pu me faire la main. Je me suis ensuite lancée dans une activité complémentaire de graphiste. J’ai commencé en proposant des faire-part de naissance. Pour « Badjawe », je m’inspire notamment des tendances scandinaves et des motifs que l’on retrouve dans la décoration. J’essaie de faire en sorte que mes badges s’accordent facilement avec les vêtements.

Y-a-t-il des expressions qui marchent mieux que d’autres ?

« Oufti » et « Barakî » sont les deux best-sellers ! J’avais supprimé « Carabistouyes », mais beaucoup de personnes me le réclament. « Qué bê valète », « Quéne bèle crapôde » et « Tchafète » rencontrent également un franc succès.

BadjawePour mener à bien ton projet, tu t’es entourée de spécialistes de la langue wallonne.

Le wallon est une langue parlée, il est donc difficile de trouver comment l’orthographier correctement. Au fil de mes rencontres, j’ai eu la chance de bénéficier des précieux conseils de Paul-Henry Thomsin, auteur de l’ouvrage « Liégeoiseries », et de Bernard Louis, président de la Société de Langue et de Littérature wallonnes.

Pour les semaines à venir, tu vas proposer des badges spéciaux.

Je vais proposer des porte-clés décapsuleurs pour la fête des pères et des badges pour remercier les professeurs en cette fin d’année scolaire.

Comment peut-on se les procurer ?

Sur mon site internet, sur Oufti Tourisme et dans tous les points de vente partenaires !

Entretien réalisé par Max Bastin

Les prochaines dates clés de cette fabuleuse aventure :

–        Du 20 au 22 mai 2016 : participation à L’Appartement.

–        22 mai 2016 : Journée de réflexion au Musée de la Vie wallonne.

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