Yoko Uhoda donne carte blanche à son père

Jusqu’au 29 mai se tient l’exposition « Available for reference » à la Yoko Uhoda Gallery. La jeune galeriste liégeoise donne carte blanche à son père, Georges Uhoda. Bouchon Magazine a rencontré ce grand amoureux d’art.

Georges UhodaVous êtes un grand collectionneur et amateur d’art. D’où vous vient cette passion ?

Ma passion pour l’art est née très jeune. J’étudiais à Saint-Servais où un père jésuite montrait des œuvres du 17ème siècle aux élèves intéressés. Grâce à lui, j’ai eu l’occasion d’admirer Le Caravage. Il s’agissait de mon premier émoi en matière d’art, à l’âge de 17 ans. Je suis alors parti à la découverte d’artistes locaux. Après mon aventure liégeoise, j’ai décidé d’explorer Bruxelles, l’Europe et enfin le monde entier afin d’en apprendre davantage sur les artistes internationaux.

Vous avez eu carte blanche pour monter cette exposition. Quels artistes peut-on y retrouver ?

Ma fille, Yoko, a ouvert sa galerie il y a un an et demi. Elle y expose des jeunes artistes, mais je pensais que les confronter à des œuvres plus renommées serait intéressant. J’ai décidé d’exposer trente artistes contemporains, le tout réparti sur quatre étages. Le public peut y voir de tout ! On retrouve notamment Tony Osler et ses collages, l’artiste tourmenté Jonathan Meese ou encore le travail à partir de cartes postales réalisé par Gilbert & Georges.

Yoko Uhoda GalleryJe présume que ce n’est pas évident de faire un choix parmi une multitude d’œuvres. Quel a été votre fil rouge ?

J’ai essayé de garder une ligne de conduite par rapport aux différents mouvements, aux surfaces utilisées en gardant pour thème l’art minimal et conceptuel. Je trouvais également important d’y intégrer des œuvres d’artistes liégeois tels que Jacques Charlier ou Jacques Lizène. Toutes les œuvres exposées sont le fruit de rencontres ayant donné naissance à des relations de qualité avec des artistes originaires de Belgique et d’ailleurs. J’ai donc dû faire un choix tout à fait arbitraire et non-exhaustif en tenant compte de l’espace octroyé par les lieux. Cela n’a pas forcément été un choix difficile car j’ai fonctionné comme suit : j’ai pris une feuille blanche, j’ai noté les artistes que j’avais rencontrés ainsi que les œuvres qui m’avaient marqué et puis un moment donné, je me suis arrêté. (rires) Si je ne m’étais pas mis de limites, ce ne sont pas 30 mais 350 artistes qui auraient été exposés ! Les œuvres ont ensuite été mises en scène dans une logique de rupture afin que le public voie de tout dans une même pièce.

Que peut-on découvrir sur vous à travers ces artistes ?

C’est à vous de me le dire ! (rires) On pourrait croire que les œuvres ont été sélectionnées uniquement en fonction de mes coups de cœur, mais il s’agit tout de même d’un choix réfléchi. Il est évident qu’il s’agit d’artistes auxquels je tiens et par lesquels je me suis laissé émerveiller. On y retrouve donc un peu de mes goûts et de mon âme.

Parmi toutes ces rencontres avec des créateurs contemporains, quelle a été la plus marquante ?

Ils m’ont tous marqué, à leur manière. Tous les artistes ont une forte personnalité, intéressante à explorer. Pour la petite anecdote, Mario Merz est quelqu’un de très extravagant. C’était un réel bonheur de le rencontrer. Cependant, tous m’ont énormément apporté. D’une manière générale, la rencontre avec les artistes est bien plus enrichissante pour moi que pour eux !

Yoko Uhoda GalleryOn connait votre engouement lorsqu’il s’agit de défendre les jeunes artistes. Un coup de cœur pour un Liégeois peut-être ?

Dans l’exposition proposée par la galerie en ce moment, j’ai deux coups de cœur liégeois. Le premier est pour Xavier Mary, le second pour Frédéric Platéus. Tous deux ont la trentaine et je les soutiens depuis leurs débuts. Leur succès grandit de jour en jour. Ils exposent à Bruxelles, Milan…

Quel message désirez-vous faire passer ?

Justement, la question principale de cette exposition n’est pas comment j’ai effectué mon choix mais pourquoi. J’aimerais que le visiteur s’interroge lorsqu’il admire une œuvre telle que celle de Daniel Buren datant des années 70. Je veux partager mes connaissances et surprendre le public avec des artistes différents. Il est important que les gens découvrent ce qui se fait en-dehors de Liège, chez les plus jeunes ou les moins jeunes ! Je fais cette exposition avec beaucoup d’humilité : si dix personnes s’intéressent par la suite à ce qu’ils ont vu ici, alors j’aurai tout gagné.

J.F.

Retrouvez toutes les informations pratiques sur le site de la Yoko Uhado Galery.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s