Dans la peau d’un passionné de tango

Rencontre avec Fabian Tibaldi, un argentin pour qui le tango est plus qu’un art. Il nous raconte ses histoires de famille, les odeurs de jasmin de Buenos Aires et la mélancolie des notes du bandoneón.

Fabian TibaldiVendredi 18h00, je me prépare non sans une pointe d’excitation. Une belle soirée m’attend : ce soir se joue « Buenos Aires Tango » au Théâtre de Liège. Le spectacle clôture la sixième édition du Festival Pays de Danses et promet d’être de qualité. Trois formidables couples de danseurs de tango seront réunis sur scène, accompagnés par l’Orchestre El Arranque.

Avant de m’installer confortablement et d’en prendre plein les yeux, j’ai rendez-vous avec Fabian. Je ne le connais pas et je suis un peu impressionnée par son bel accent entendu quelques jours auparavant au téléphone. Nous avons décidé de nous retrouver au café des Arts. J’ai entendu dire qu’il était chanteur professionnel de tango et ma curiosité me pousse à en savoir davantage.

Il est 19h00 lorsque nous nous installons à une table. Mon appréhension du début disparaît rapidement. Fabian insiste pour que je prenne un verre : je reconnais bien la chaleur du sud et me sens directement plus à l’aise. Du haut de ses 48 ans, mon interlocuteur oscille entre l’Argentine et la Belgique. Il me raconte pendant que je bois ses paroles.

Né à Buenos Aires, Fabian ressent une pointe de nostalgie. Le spectacle que l’on attend ensemble lui remémore ses grands-parents. Une milonga est organisée à la fin de la représentation. C’est justement à un bal populaire comme celui-ci que ses aïeux se sont rencontrés. Sa grand-mère lui a transmis la passion du tango qui reste, avant tout, une histoire de famille. Petit, elle le prenait sur ses pieds pour le faire danser.

Dans son pays d’origine, tout le monde sait danser le tango.

Fabian me confie qu’il préfère chanter le tango plutôt que de le danser. Il fait d’ailleurs partie du sextet professionnel « No es tango » où musiciens d’origine finlandaise, belge et espagnole se côtoient. Il combine sa carrière de chanteur à celle de mathématicien qu’il exerce dans une compagnie pharmaceutique à Liège. La danse, il la pratique en amateur dans les milongas organisées le dimanche à la Mi’Lune, salle de danse liégeoise, ou en Argentine lorsqu’il y retourne tous les mois.

Dans son pays d’origine, tout le monde sait danser le tango. Il s’agit d’une danse sociale dont le but est de rencontrer du monde. Les milongas ou bals populaires sont composés de plus de 500 couples. La danse se limite donc à de la sensualité et à un déplacement particulier. Les figures acrobatiques sont réservées au « tango de spectacle », pratiqué par les champions du monde et autres professionnels. Mais nous coupons déjà court à notre conversation. Le spectacle va commencer et Fabian tient à être bien installé, les places ne sont pas numérotées. Nous avons convenu de nous retrouver ensuite.

Dans la peau de Fabian TibaldiFabian me rejoins après 90 minutes de spectacle, des étoiles pleins les yeux. Les notes mélancoliques du bandoneón, instrument typique du tango, ainsi que la prestation des danseurs lui ont beaucoup plu. Bien que l’improvisation des milongas lui semble plus intéressante, il a trouvé les chorégraphies tout simplement incroyables.

J’attends de le voir fouler le plancher de la salle de l’Oeil vert mais là, grosse déception. Fabian est trop fatigué ce soir pour me faire l’honneur d’une danse à la milonga. Il se lève tôt demain, sa famille vient tout droit d’Argentine pour profiter du chocolat et des frites bien de chez nous.

Moi qui m’étais plongée corps et âme dans le tango depuis quelques heures, je me retrouve sans cavalier pour le bal. Mais ce n’est pas grave, Fabian a promis de m’emmener à une prochaine milonga sur Liège. D’ici là, j’ai le temps de m’entraîner.

Les confidences de Fabian m’ont donné des envies de voyage… Pratiquer le tango dans les bals argentins ou liégeois et sentir l’odeur de jasmin dans les rues de Buenos Aires : je me mettrais bien dans la peau de mon nouvel ami pour quelques jours !

J.F.

Merci à Goldo pour les photos !

 

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