Comme un air d’Argentine au Théâtre de Liège

Pour sa 6e édition, le Festival Pays de Danses n’a pas lésiné sur sa programmation. Après vingt jours de spectacles divers et variés, l’événement s’est clôturé ce week-end avec le remarquable « Buenos Aires Tango ». Bouchon Magazine y était.

Buenos Aires TangoLe Festival Pays de Danses est devenu une référence pour la découverte de la danse contemporaine internationale. Rares sont les moments où cet art est mis à l’honneur. Le festival liégeois a, cette année encore, mis les petits plats dans les grands. Au programme, des artistes belges, mais aussi les plus grandes compagnies mondiales telles que l’israélienne Batsheva Dance Company. Il y en avait donc pour tous les goûts.

Même si la danse contemporaine reste le fil rouge du festival, quelques surprises ont ponctué la programmation de cette année. Deux d’entre elles ont particulièrement retenu notre attention. La première est l’exposition du chorégraphe belge Alain Platel en collaboration avec le MADmusée, dont on vous a déjà parlé dans un précédent article. La deuxième est le spectacle « Buenos Aires Tango » qui faisait la clôture du festival.

Au vu du nombre de sièges réservés et de personnes inscrites sur la liste d’attente au Théâtre de Liège, la soirée promettait d’être belle. Il est vrai que ce n’est pas tous les jours que sont réunis sur scène les plus grands talents du tango. Les sept musiciens de l’orchestre El Arranque ainsi que le chanteur Juan Pablo Villarreal accompagnaient en direct deux couples de danseurs Champions du Monde ainsi que les célèbres Frères Filipeli.

Humour, mélancolie et acrobaties étaient au rendez-vous. Cependant, à la sortie, on pouvait regretter l’aspect monotone de certains moments : le tango adapté à la sauce européenne révèle un côté lisse et trop académique aux yeux de certains. Mais c’était sans compter sur la malice du contrebassiste qui, dans un spanglish* bien travaillé, nous a réveillés à l’aide de quelques anecdotes. Mentionnons le cours sur les différents rythmes que l’on peut distinguer dans le tango ou la joie de l’orchestre à l’idée de fêter son vingtième anniversaire dans notre ville.

FU5A9280Quand on y pense, ce seul bémol est vite relégué au second rang, le souvenir de la technique des danseurs prenant le dessus. Qui a pu rester de marbre face à une telle dextérité et à une telle précision ? Les jeux de jambes, les portés et l’expression des visages… Tout était parfait ! Coup de cœur pour les Frères Filipeli : les jumeaux, par leur force et leur talent indéniable, nous ont fait revivre le tango marginal d’antan uniquement dansé par des couples d’hommes.

Après la représentation, un bal populaire appelé « milonga » conviait les spectateurs à exprimer leur talent plus ou moins caché. Cette tradition argentine a ajouté à cette fin de festival une nouvelle touche d’originalité. On pouvait y voir des femmes esquisser timidement quelques pas sur le bord de la piste en attendant une invitation à danser ; des couples de garçons adolescents répéter les figures apprises en cours ou bien des artistes confirmés entraîner des débutants.

Le tout, dans un amour flagrant et commun pour la danse. Vivement l’année prochaine !

J.F.

*mélange d’anglais et d’espagnol

Merci à Goldo pour les photos.

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