CU Festival : quand Liège se transforme en parcours culturel

Petit frère du festival POP Montréal, qui a lieu en ce moment même chez nos copains québécois, le CU était de retour le weekend dernier pour faire vibrer Liège au rythme de son intense programmation : concerts, expositions, projections, inaugurations et happenings se sont succédés pendant trois journées dédiées à la culture et à la curiosité.

CU Festival

En mai 2014, l’ASBL Animacy teste son CU Festival avec une édition zéro dans le cadre de Connexions Urbaines. Ce coup d’essai leur a permis de trouver leurs marques et de revenir cette année avec une vraie première édition. Désormais affranchi des règles dictées par d’autres, le CU Festival a prouvé cette année qu’il est bel et bien capable de se débrouiller seul. Conçu comme un parcours créatif au coeur de la ville, le festival poursuit deux objectifs : faire découvrir aux festivaliers des artistes émergents, toutes disciplines confondues, et rendre les collectifs locaux acteurs de la programmation. Double promotion en somme. Si les événements s’enchainent sans discontinuer aux quarte coins du centre-ville, l’horaire est prévu pour que le festivalier puisse, s’il le souhaite, assister à chaque rendez-vous. Pas d’itinéraire conseillé, au CU chacun se bricole sa to-do list ou se laisse guider par les coup de coeur des têtes connues qu’on croise à chaque coin de bar. Récit de mon parcours, tout à fait subjectif et n’évoquant qu’une petite partie de la programmation.

De mon côté, le CU a commencé vendredi soir vers 21h30 au MAD café, confié pour l’occasion aux bons soins de JauneOrange. Le line-up était à leur image : multi-culturel, multi-genre et multi-découverte. Le montréalais de Solids ont ouvert le bal avec puissance et devant un public un peu parsemé qui s’est étoffé pour les américains de Useless Eaters et leur post-punk vibrant. La Mverte (La Muerte ? La Mverte ? Le mystère demeure entier pour moi) a pris le relais pour animer le début de la fin de la nuit avec un son très année 80. Cette première soirée promettait beaucoup de bonnes choses pour la suite du festival.

Le lendemain, le réveil a sonné beaucoup trop tôt pour me pousser vers la piscine d’Outremeuse. Après avoir proposé à It It Anita de jouer dans le passage souterrain de la rue du Parc la veille, l’équipe de What goes around comes around avait décidé de nous faire commencer la journée du samedi en douceur avec Douchka. Pour parfaire la prestation, les nageuses synchronisées du Club Mosan avaient prévu une chorégraphie sur les rythmes ensoleillés et énergique du beatmaker. Une fois le show des nageuses terminé, le public a plongé pour profiter des hauts-parleurs aquatiques et des remix bien sentis du français. Pendant que certains barbotaient tranquillement, d’autres profitaient de la liberté de mouvement qu’offre l’eau pour améliorer leurs pas de danse. Moi j’avais oublié mon maillot (je m’en veux), mais depuis le bord du bassin, l’expérience avait l’air revigorante et pleine de légèreté, de quoi commencer la journée en beauté.

CU FestivalQuelques heures plus tard, j’ai pris le chemin de la Brasserie C où Les Parlantes s’étaient établies. Pendant une partie de l’après-midi, Andràs Benedek a prêté sa voix à Charles Bukowski et nous a raconté trois Contes de la folie ordinaire. La parfaite pause dans ce programme dense et éclectique. Après cet interlude littéraire, direction le Passage Lemmonier investit par les tournaisiens de La Jungle. Un peu trop sauvage au goût des commerçants, le concert a été interrompu par les forces de l’ordre après 12 minutes exactement. Mais en deux morceaux seulement, La Jungle a conquis les festivaliers et aussi les badauds vaquant à leur shopping, mettant des sourires sur leurs visages et du mouvement dans leurs jambes. Belle réussite que ce mélange fortuit des publics, symbole de ce CU résolument tourné vers l’ouverture.

La soirée s’est poursuivie à l’Aquilône où j’ai découvert, grâce à Ça Balance, la douceur et la mélancolie de la voix grave de Sônge, qui évolue seule entre R&B et électro. J’ai ensuite pris le chemin de La Zone où officiait Honest House, mais j’aurais également pu me diriger vers l’An Vert où se produisaient Castus et Ropoporose, que je regrette un peu d’avoir manqué. Mais point de remords au CU Festival, car la nuit promettait d’être festive au Live Club, et pour les plus vaillants à l’after assurée par Jack Le Coiffeur au Petit Bougnat.

CU FestivalDimanche, les organisateurs avaient tout prévu pour conclure le festival en douceur et prendre soin de leurs festivaliers. Après l’inauguration de la fresque colorée des Hell’o Monsters en Saint-Léonard, le Théâtre de Liège a été pris d’assaut par les amateurs de jolies vieilleries qui se sont retrouvés au Marché Vintage. Dehors, la Place du Vingt Août bloquée à la circulation ressemblait presque à une plage avec ses transats, ses palettes, son DJ, son bar et son food truck. Pendant que certains profitaient des légers rayons du soleils, Great Mountain Fire a clôturé avec brio, dans la Salle de la Grande Main, la session de concerts sauvages de cette édition. Cet après-midi avait de quoi nous faire oublier qu’on était dimanche et que quelques heures plus tard il faudrait reprendre le chemin du lundi et de sa routine, un très beau défi relevé par le CU.

Découverte et surprise sont les deux mots-clés que je retiendrai de ce weekend. Le CU sort des sentiers battus et emmène son public avec lui à la rencontre des artistes et de la ville. Il y avait là de quoi redécouvrir Liège sous un jour nouveau. Bref, le CU c’était le petit coup de pouce qu’il fallait pour ne pas souffrir de la rentrée, le rayon de soleil dans ce mois de septembre, le dernier festival de l’été, les presque dernières bières en terrasses. En attendant l’année prochaine, je te souhaite, CU, le même succès que ton grand frère montréalais et de continuer à grandir en t’associant aux collectifs, grand ou petit, qui contribuent à l’épanouissement culturel de Liège.

Louise Lange

Toutes les photos sont issues de la page Facebook et du compte Instagram du CU Festival.

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