Les Ardentes – Jour 2 : maximus dEUS et ceteri

La deuxième journée des Ardentes était très prometteuse sur papier, avec beaucoup de groupes rock dont pas mal de Belges, mais aussi de la diversité : chanson française, électro et hip-hop pour ceux qui n’étaient pas encore rassasiés. Sur scène, les artistes ont confirmé nos attentes avec de nombreuses prestations cinq étoiles.

Hanni El Khatib

Une fois les hostilités ouvertes avec les Bruxellois de PAON, c’est au tour d’Hanni El Khatib de prendre possession de l’Open Air. La plaine est encore un peu timide en ce début d’après-midi, mais les festivaliers affluent au fur et à mesure des bonnes notes. Les Californiens donnent tout et enchaînent les morceaux. « We don’t have much time so we want to play as much as we can », s’excuse le rockeur peu bavard. Le public se dégèle lorsque le groupe entame Loved One issu de leur premier album (celui qui n’a pas été produit par Dan Auerbach des Black Keys, dont vous aurez tous perçu l’influence).

On passe ensuite au HF6 où Feu! Chatterton déverse sa poésie avec un rythme effréné. Il faut dire que le chanteur Arthur Teboul a fait ses classes dans les concours de slam parisiens, ce qui explique son flow aussi soutenu que celui des Fauve (à voir dimanche aux Ardentes). Outre le débit, on retrouve également la même rage que chez l’interprète de Vieux Frères. Mais Feu! Chatterton, ce n’est pas qu’un chanteur dandy rappelant Brel avant sa communion, c’est aussi quatre musiciens qui viennent soutenir une voix puissante pour amener du rock dans toute cette littérature. Les Ardentes 15 sont revenus à leurs amours françaises et mettent sous les projecteurs la relève du genre.

Feu! Chatterton

Les interprètes de Sun Structures montent à présent sur l’Open Air sous un soleil tapant et répandent leur rock psyché devant un public peu dense se prélassant sur la pelouse du Parc Astrid. On a beau adorer Temples et la voix céleste de James Edward Bagshaw, on ne peut s’empêcher de trouver le set un peu monotone et on doit parfois lutter pour ne pas s’endormir au soleil avec les autres.

Va-et-vient incessant, nous sommes de retour au HF6 pour les talentueux BRNS qu’on ne présente plus. C’est un plaisir de retrouver (enfin) un parterre comble et un public écoutant presque religieusement les mystiques Bruxellois. L’ambiance est électrisante, les multi-instrumentalistes sont réglés comme du papier à musique et envoient un son qu’on s’étonnera presque de trouver bon entre ces murs bétonnés. Vous remarquerez que les Belges sont légion sur le festival et n’ont pas à rougir devant les légendes anglaises. Encore un point pour les Ardentes qui font une fois de plus rimer localité et qualité.

Tom McRae est dans l’Aquarium pour un moment d’émotion grâce à sa voix doucereuse et à sa guitare sèche. Mais celui qui sera comme un poisson dans l’eau dans un Aquarium surpeuplé, c’est notre poisson-clown britannique Baxter Dury. L’homme aux faux airs de Mentalist et de Dr. House a en commun avec les deux stars du petit écran de se faire beaucoup remarquer pour, au final, ne pas faire grand chose. Comme eux, il joue et fait l’enfant, mais la majeure partie boulot est accomplie par son équipe de choc à l’arrière. Musicalement, ça envoie et les chœurs assurent l’essentiel du travail. Baxter Dury, lui, boit de la bière, du whisky et même… de l’eau. Il se balade sur la scène et a encore le temps de fumer une « cigarette » (prononcez à l’anglaise pour coller au dandy du bonhomme). Un personnage, donc, qui habite la scène, et une musique efficace. It’s a pleasure. Plaisir partagé.

Les Ardentes 15L’Open Air, boudée par A$AP ROCKY, aurait bien convenu à un très grand dEUS qui a enflammé le HF6 devant un auditoire serré et enjoué. Les Anversois qui tournent depuis plus de vingt ans sont toujours aussi ardents. Tom Barman ne tient pas en place, sa frénésie donne presque le tournis, le public se régale encore et toujours. Une vraie leçon de longévité. Sans doute le point culminant de cette excellente journée.

La messe était dite avec l’honorable dEUS et la comparaison devient difficile avec Oscar & the Wolf, le groupe du moment (voyez déjà la première opposition : « vingt ans » – « du moment »). L’Open Air était de mise pour la scénographie très travaillée de Max Colombie, son race walking, son regard fuyant, ses confettis et… ses adorateurs. Derrière tout cela, on avouera que les mélodies et textes sont assez faciles et qu’on en attendait plus. Qu’à cela ne tienne, le public est aux anges.

On clôturera ici cette très belle deuxième journée en terre ardente placée sous le signe de la qualité, mais aussi de la diversité. Les promesses de l’affiche ont été tenues, les festivaliers sont ressortis imprégnés de bons sons et les Liégeois ont même vu leur rêve le plus fou se réaliser : une amélioration du son au HF6 pendant BRNS, alors que les petits accros survenus lors des concerts de The Do et de Feu ! Chatterton ne laissaient rien présager de bon. Un parcours sans faute donc pour les organisateurs qui ont su booker des artistes de qualité et renouer avec la variété des genre, avec notamment le retour de la chanson française de qualité.

Julie Jüngling

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