Starflam : « On n’est pas des prédicateurs »

Après plusieurs années d’absence, le groupe de hip-hop liégeois revient sur scène avec un best-of rempli de classiques, de morceaux rares et d’inédits. Starflam a (un peu) vieilli, mais le collectif n’a rien perdu de sa verve. La preuve avec Kaer, l’un des MC du groupe et cofondateur de l’asbl Spray Can Arts.

Starflam

Votre retour est-il le fruit d’une longue réflexion ?

Kaer : Après avoir tourné jusqu’en 2009, on avait envie de faire un break. Certains membres du groupe voulaient aussi tenter l’aventure en solo. Par après, l’Ancienne Belgique est venue nous demander de participer à une soirée « Rewind » (ndlr : consacrée aux artistes belges qui viennent rejouer leurs « classiques »). Toutefois, on n’avait pas trop envie de passer pour le « vieux groupe » qui restait ancré dans le passé, donc on a préféré décliner.

L’AB revient alors avec une autre proposition…

Kaer : Ils nous ont ensuite proposé de participer à la semaine consacrée aux 40 ans du hip-hop dans le monde et de représenter le rap belge le temps d’un soir. C’est comme ça qu’on s’est retrouvé sur scène avec de nouveaux morceaux créés pour l’occasion. Cela concordait également avec la demande de la Warner de sortir un best-of.

Un best-of qui est tout sauf une simple compilation de vos tubes.

Kaer : On n’avait pas envie de sortir un CD sans aucune nouveauté dessus. Nous voulions des morceaux inédits, des live et des featuring pour offrir quelque chose d’autre aux gens. Le rap, c’est un peu comme un sport, il faut s’entretenir aussi bien sur le fond que sur la forme.

Starflam : à l'ancienneAvec la volonté de séduire un nouveau public ?

Kaer : Notre public doit se situer dans une tranche d’âge qui oscille entre 30 et 40 ans. Les gens qui ont la vingtaine nous ont surement entendu à la radio quand ils étaient jeunes et ont peut-être envie de nous découvrir sur scène, car c’est là que s’est forgée notre réputation.

Il y a 18 ans, vous chantiez les maux de la Belgique. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce plat pays qui est le nôtre ?

Kaer : La chanson reste d’actualité, car la situation ne s’est pas vraiment améliorée. A l’époque, on dénonçait les dérives d’un système où les lois sociales avaient déjà tendance à diviser les gens. On sentait venir depuis des années ce glissement vers la droite. Au lieu de trouver des solutions au malaise économique, les politiciens sont en train de mettre de la haine dans le coeur des gens.

Starflam se définit-il par son engagement ?

Kaer : On n’est pas des prédicateurs. Le rôle du rap est de porter un message, de dire les choses et d’apporter une réflexion. On est là pour donner du sens, du fond et de la forme. Si la forme peut faire en sorte d’atteindre plus de gens, tant mieux !

Entretien réalisé par Max Bastin

Starflam retrouvera le public liégeois le vendredi 24 avril au Reflektor, dans le cadre de l’Open Street Festival. « Starflam, à l’ancienne » est déjà disponible dans les bacs.

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