Ambiance déchaînée et langues déliées au LINK Festival

Le 4 Avril, les Halles des Foires de Liège accueillaient la première édition du LINK Festival, une soirée entièrement dédiée à la Techno. De gros noms de la scène européenne étaient invités : Sven Väth, The Advent, Tom Hades, Technasia, Ilario Alicante, Len Faki, Pan Pot et beaucoup d’autres.

LINK Festival

Exceptionnel en Belgique, et d’une large envergure pour un style de plus en plus riche, l’évènement avait toutes les cartes en main pour s’imposer comme une nouvelle référence en la matière. Pourtant, le lendemain sur les réseaux sociaux, à ma grande surprise, c’est le déluge de critiques.

Ma soirée a été excellente. Des artistes que je voulais voir depuis longtemps, du gros son, des bars avec service immédiat, de la place pour bouger… Je suis resté jusqu’au bout avant de rentrer en me disant que, décidément, il n’y a pas besoin d’alcool pour profiter d’une rave quand la musique et l’ambiance sont au rendez-vous. Alors, que s’est-il passé?

Comme pour chaque évènement organisé à cet endroit, les toilettes et vestiaires sont obligatoirement gérés par les Halles des Foires. Un peu étrange, surtout que les infrastructures utilisées sont temporaires, mais rien qui ne devrait impacter la soirée. Sauf qu’il est difficile de mâcher ses mots sur la gestion de ces services. Est-ce de l’économie à outrance ou de l’incompétence pure ? Dur de trancher. C’est qu’ils n’en sont pas à leur premier festival : les Halles des Foires abritent aussi les Transardentes et c’est la même chose chaque année. Cette fois encore, plus d’une demi-heure de file aux vestiaires qui vous couteront entre un à deux euros, puisque le tarif est fixé par objet déposé. N’espérez pas non plus aller aux toilettes gratuitement… ni sans attendre, car il n’y avait que 14 cabines, mixtes, pour au moins cinq mille fêtards qui ont généralement une bonne descente. L’attente est longue, on rapporte quinze à vingt minutes de file. Ce n’est pas juste énervant, mais irresponsable, voire dangereux. Je me rappelle encore des bousculades aux vestiaires il y a deux ans, certains essayaient de grimper par-dessus le comptoir pour aller récupérer leurs affaires, et il était difficile de ne pas les comprendre.

Alors forcément, dans une soirée à 45€, ça ne fait pas plaisir. Mais ça fait encore moins plaisir aux organisateurs, car tout ce dont ils sont en charge est impeccable : line up exceptionnel, pas de files aux bars et tickets, une installation sonore solide, vigiles et sauveteurs en nombre… Dimanche sur Facebook, l’organisation du festival tient à clarifier :

« Pour info > Comme pour tout event dans le hall des foires Les vestiaires & toilettes sont exclusivement gérées par le hall des foires (AVS pour plainte ou info 0498 91 68 71 ) »

Bon alors, c’est énervant, c’est déplorable, mais vraiment, aux auteurs de nombreux commentaires virulents, j’ai quand même envie de dire : est-ce qu’il vous en faut si peu pour gâcher une soirée ?

Soit, revenons un moment sur le plus important, l’ambiance et la musique. J’ai commencé ma nuit par Ilario Alicante. Je le connaissais pour des productions minimalistes, étrangement percutantes et chill à la fois, comme XYXY. Sans grande surprise, l’Italien expatrié en Allemagne présente ici un set plus dynamique, moins expérimental. Un bon début. Prochaine étape : Technasia. Le Français, esseulé, mais pas affaibli, depuis le départ de son partenaire il y a maintenant cinq ans, est un des plus gros noms de la soirée. Aucune déception sur la performance précise et redoutablement efficace. C’est un set techno – tech-house très propre, la foule est présente en nombre, et s’il est encore tôt (minuit), ça bouge déjà bien.

Courte pause Red Bull, étonnamment tarifé comme le coca, et je repars vers ma plus grosse attente de la soirée : The Advent. Avec plus de vingt ans de carrière à son actif, Cisco Ferreira a eu le temps d’explorer de nombreux aspect de la Techno. Ses dernières productions avec Industrializer, sombres, furieuses, flirtent parfois avec la hardcore. Je m’attendais à un son lourd, sale, à peu près l’inverse de ce que je venais d’écouter. Pourtant la sélection est ici plus légère, sans être joyeuse. On est resté dans de la techno assez traditionnelle, mais le mix, très cohérent, fait bien son travail.

LINK FestivalAu même moment jouait un autre artiste que j’étais impatient de voir : Len Faki. C’est donc prématurément que je quitte la salle, pour retourner dans celle qui restera la plus peuplée de la soirée, celle programmée par Fuse. L’artiste allemand a déjà bien chauffé la salle. C’est le premier à jouer exactement ce que j’attendais de lui, du son intense, dansant, mais pas trop agressif. Je reste jusqu’au bout, c’est excellent.

Avant de finir ma soirée sur Pan-Pot, je passe quand même prendre la température sur la scène où joue Sven Väth, un des plus gros invités, mais que je connais peu. Maître des lieux sur une scène quasi aussi peuplée que la salle, celui qu’on appelle « papa Sven » tant en référence à son âge, qu’à la durée de sa carrière, dont il entame la trente-cinquième année, met le feu. Hyper énergique, il est impossible de ne pas danser sur le son de ses vinyles. Vraiment rien à redire, le set est au poil, et le public réceptif. Une note personnelle tout de même, on se serait bien passé des go-go danseuses, inutiles, voire vulgaires.

Comme prévu, je termine sur Pan-Pot. Le duo, je le connais un peu, surtout pour des productions house. Techno oblige, ici la sélection est différente, mais très bien maitrisée. La salle est toujours bien remplie à 5h, probablement un peu trop, non pas parce qu’elle est trop petite, mais parce qu’une autre est tristement vide juste à côté. Pas très cool pour l’artiste. Il reste que le succès des deux Allemands (oui, tout le monde est allemand ce soir !) est tout à fait mérité, le son est travaillé et sort très bien. Les morceaux se renouvellent et offrent beaucoup de breaks et montées, des éléments parfois rares en techno.

Je m’éclipse juste avant la fin pour éviter la bousculade à la sortie, clairement crevé (j’avais travaillé toute la journée), mais heureux que ma ville accueille un évènement d’une telle envergure. Certes, il y a eu quelques couacs, et j’espère que certains seront résolus pour la prochaine édition, mais en ce qui me concerne ça ne pèse pas bien lourd dans la balance quand la soirée est aussi réussie. Personnellement, j’en veux encore !

Denis Ledent

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