Tourné au vinaigre : Rigoletto à l’Opéra Royal de Wallonie

Chronique décalée du samedi 28 mars

J’sais pas vous, mais moi, je trouve qu’un match de foot, c’est un vrai opéra (avec des retournements de situation, un récital d’Hazard ou la malédiction de Vermaelen). Alors, ce samedi, n’ayant aucune envie de braver la météo à Bruxelles, j’ai troqué la vareuse pour une veste de costard : aux diables les Diables, buonasera Rigoletto ! En tant que néophyte de l’art de Puccini, Wagner ou Bizet, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce classique de Verdi. Et pour une première fois, je ne fus pas déçu !

RigolettoNous étions installés au 5ème étage du théâtre lyrique datant de 1820 et rénové en 2012. Autant dire le plus loin possible de la scène. L’équivalent au stade du Standard de la tribune U1, celle dans le coin près de la T4 qui n’accueille des spectateurs que quand les Rouches sont dans une bonne phase, jouent contre les avant-derniers et que Jean-Guy veut emmener sa bourgeoise et les deux fils de son premier mariage pour une soirée « super sympa ». 5ème étage qu’on appelle assez cyniquement le paradis : il y fait 8.000 degrés, le cerbère qui vous place est aussi sympathique qu’une porte de prison lituanienne et on y est serré comme dans le 27 en heure de pointe (c’est le bus qui relie le Standard à l’Opéra. C’est une comparaison filée, suis un peu, crétin).

20h01, les lumières se tamisent et les premières notes retentissent… et c’est une première claque (je rappelle aux personnes qui ne connaissent de l’opéra que celui de Dove Attia sur Mozart que le spectacle n’est pas sonorisé). Ces cuivres, qui sont si loin de moi, résonnent avec puissance et me plongent directement dans la pièce. J’ai l’impression d’être dans un film de Coppola mais en Dolby 25.1.

Je vous avoue que j’avais une idée de l’opéra un peu fausse : un truc très sérieux, très tragique, un peu chiant. Que Nenni ! C’est léger, c’est drôle et ça vous prend aux tripes. Je me suis surpris à avoir des frissons sur des chansons alors que la musique classique, ce n’est pas trop mon truc. L’histoire, déjà, est terrible. Elle nous plonge dans une ville italienne où se lie le destin des trois protagonistes :

  • Le Duc de Mantoue, un gros queutard qui passe de femme en femme, use de son pouvoir pour les attirer et n’hésite pas à leur mentir pour les mettre dans son lit .
    (Si ça vous fait penser à un homme politique français socialiste, c’est normal).
  • Son bouffon, Rigoletto, être difforme qui, aigri par la société, balance des horreurs très drôles mais criantes de vérités sur les gens de la cour, qui en échange le détestent et lui veulent du mal.
    (Si ça vous fait penser à un humoriste français black(listé), c’est normal).
  • Gilda, la fille de Rigoletto, adolescente que ce dernier cache chez lui de peur qu’elle ne soit pervertie par la société.
    (Si ça vous fait penser à Natascha Kampusch, bravo, vous avez de bonnes références, mais on n’en est pas là).

Evidemment, cette cruche de Gilda va tomber amoureuse du duc, qui va la sauter et donc Rigoletto veut faire la peau à son maître !

RigolettoLa musique est tout simplement sublime. Quel plaisir de pouvoir entendre en live le Duca duca ebben ou La Dona e mobile (oui oui, c’est la pub Ristorante, merci). Les premiers rôles sont parfaits, les décors claquent et les costumes émerveillent. Bon, d’accord, je n’ai pas vraiment de point de comparaison, mais je me dis que si ces trois heures de spectacle (oui, c’est un opéra plutôt court) sont passées en un clin d’œil, c’est que le spectacle devait être très bon. Le public avait l’air de mon avis puisque les gens ont applaudi chaleureusement la troupe et l’orchestre pour cette prestation très généreuse. Je voulais finir avec un jeu de mot pourri avec les passés simples des verbes opérer et verdir, mais pour une fois, je me dis que vous valez mieux que ça.

Pour les amateurs ou pour les curieux, le spectacle est visible encore quelques temps via Culture Box. N’hésitez pas !

A.S.

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3 thoughts on “Tourné au vinaigre : Rigoletto à l’Opéra Royal de Wallonie

  1. Thank you all for the unforgettable opera night in Royal Opera Liège, but first of all thank for the magnificent Tenore, the wonderful Duke, Gianluca Terranova, who has a Voice you must fall in love with, such a timbre that one can not find again and a charismatic stage presence! With one word, He is real FRESH AIR OF OPERA!! THANK YOU GRANDE DUCA AND THANK YOU ALL, we are not hesitating and looking the the wonderful video again and again and it gives such a pleasure beyond words!! Mille Grazie, Merci!

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