La réunification des deux Corées au Théâtre le Moderne

Le Moderne accueille pour le moment, et jusque dimanche encore, La Réunification des deux Corées de Joël Pommerat. Une excellente occasion de faire des infidélités à la petite lucarne ou au grand écran et de se laisser convaincre et envahir par la belle prestation de la compagnie du Moderne et par la causticité de Joël Pommerat.

Sur les hauteuLa réunification des deux Coréesrs de Liège, à la naissance de la rue Sainte Walburge et à deux pas de la Citadelle, se cache le Moderne, un théâtre qui, de par sa chaleureuse ambiance, n’a rien à envier au faste du nouveau Théâtre de Liège. Et tandis que ce dernier accueillait le festival Eurovidéo, la compagnie du Moderne jouait, de façon intensive (pas moins de dix représentations!) La réunification des deux Corées, écrite par Joël Pommerat et mise en scène par Philippe Ansion.

Comme son titre ne l’indique pas, il n’est point question de géopolitique ni de guerre coréenne. Mais la pièce n’est certainement pas pour autant dépourvue de conflits, stratégies, coups bas, amours et désamours, rejets et retrouvailles, mariages et divorces. Et pour cause : elle nous emmène dans un tourbillon de situations et de sentiments contradictoires n’ayant pour point commun que la terrible fatalité de la désillusion.

La pièce met en scène… une pièce, au centre de laquelle se déroule un ensemble de saynètes. Les acteurs y sont à tour de rôle spectateurs, au même titre que le public, des expériences qui s’y déploient. Il n’y a pas de quoi s’ennuyer : chacune d’elles est une surprise et nous fait voyager dans un univers bien particulier. Éveillant en chacun des émotions fort différentes, allant du malaise au rire, de l’introspection au cocasse, du léger au grave, les saynètes ne manquent pas de nous toucher et de nous confronter au point de vue tranchant et acide que Joël Pommerat nous donne de l’amour.

La réunification des deux CoréesLa compagnie du Moderne se prête brillamment à l’exercice. Colère, amour, tristesse, amitié, résignation, mort, tromperie, folie… autant d’états et de personnages interprétés avec conviction pour nous troubler et nous bousculer dans nos représentations de l’amour. L’enchaînement de saynètes, entrecoupées par des musiques particulièrement bien choisies, apporte un rythme très dynamique au spectacle et capte toute notre attention jusqu’au bout.

En bonus, la pièce se poursuit au sortir de la salle, puisqu’on ne pourra manquer de débattre avec les autres spectateurs des saynètes qui nous auront le plus ému, amusé, dérangé. Parce qu’au théâtre, il est aussi question de cela : conforter et confronter nos avis, accéder à des éléments qui ne nous sont pas apparus, partager ceux qu’on a saisis.

Un spectacle “drôle, féroce et caustique” nous promettait l’affiche du spectacle. Le pari est réussi, la promesse est tenue, on ne sortira pas indemne de cette performance !

Théâtre le Moderne, Rue Sainte Walburge n°1 à Liège. Dernières représentations samedi 21 mars à 20h et dimanche 22 à 15h.

Colombine Parthoens

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