Tourné au vinaigre : Benjamin Clementine

Chronique décalée du mercredi 10 décembre

Benjamin Clementine

J’sais pas vous, mais moi, le duo piano– voix, je trouve qu’il n’y a rien de plus charismatique pour un artiste (à part peut-être la grosse caisse-guitare-harmonica-cymbale-chapeau de Rémy Bricka). Soit, quand j’ai su que Benjamin Clémentine (prononcez Bindjamine Claymèntaillne) posait ses valises dans notre ville quelques mois après sa venue aux Ardentes, je me suis dit que je ne pouvais pas rater ça, d’autant plus que ceux qui l’avaient vu aux Ardentes m’en avaient fait un portrait « Libéesque » : « Un artiste authentique, habité, incarné ».

Me voici donc en ce mercredi soir dans la salle de cinéma Le Parc, très jolie au demeurant, bondée par une foule qui attend religieusement le jeune londonien d’origine ghanéenne. 20h30, Benjamin fait son apparition, timide, habillé comme un sac et… pieds nus. L’image me renvoie directement vers la trinité : Noah – Zazie – Zaz. Je décide quand même de rester dans la salle, laissant à notre Ben le bénéfice du doute.

La première chanson ne me rassure pas. J’ai quasi l’impression qu’il se paie notre tête. Il change de voix, utilise des intonations improbables, s’arrête, je crois même qu’il invente la chanson en même temps qu’il nous la joue. Il enfonce le clou quand il prend la parole juste après : appuyé contre son tabouret haut, les bras ballants, le mec marmonne dans ses dents. Je ne comprends absolument pas ce qu’il dit (déjà que j’ai du mal avec l’anglais). A côté de lui, Carla Bruni et Raphael passent pour des stentors.

Heureusement, après cette entrée en matière difficile, Monsieur se reprend et nous livre quelques morceaux d’une excellente facture avec le ton et l’émotion qui s’imposent. Sa voix est magnifique, la salle est conquise. Benjamin s’autorise même à reprendre « Emmenez-moi » avec son français approximatif (il nous avait prévenus que ça allait être drôle) et cela ne rate pas, c’est à mourir de rire. Je comprends désormais ce que ressentirait un Anglais en débarquant à 4h du matin aux Olivettes pendant qu’on reprend « Hey Jude » à tue-tête.

L’artiste se permet quelques petites plaisanteries entre les chansons. Dans ces cas-là, il y a toujours quelques types pour se forcer à rire pour montrer qu’ils ont compris, eux les bilingues (il manque à peine le « Amazing » de Norman, que je vais voir prochainement en one-man show. Ne vous inquiétez pas, je vous raconterai ma soirée). Trois rappels et autant de standing ovation plus tard, Benjamin nous remercie pour notre accueil chaleureux et quitte la salle comme il est entré : avec humilité et authenticité. Adios.

A.S.

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