Voyage en eaux troubles à bord de l’Inside Out avec Wolvserpent

Ce lundi, la fameuse péniche liégeoise nous proposait une soirée sous le signe du black metal à tendance réverbérée avec Wolvserpent en tête d’affiche. Le groupe US était précédé par les locaux de Luik et Deuil. On approche sa gratte de l’ampli, c’est parti pour un max de larsens !

Wolvserpent

Fidèle à moi-même et à ma faculté légendaire d’arriver en retard, je loupe le premier groupe et arrive pendant les balances du second. Je profite de l’éternel martelage de caisse et des différents « hey, hey, check, hey » côté micro pour aller me chercher une bière et jeter un œil sur le merchandising. Le groupe Deuil propose son premier opus Acceptance/Rebuild  en vinyle, paré d’un artwork plus que soigné. Soulignons que leur prochain album Shock/Deny , dont l’une des track est déjà en écoute sur leur Bandcamp, dispose lui aussi d’un visuel très travaillé.

C’est sans crier gare que le concert démarre sur les chapeaux de roue. Le groupe joue vite, frappe fort, et malgré le chaos ambiant, c’est précis et très carré. La suite des hostilités se fera dans l’alternance de passages mêlant drone, sludge et black metal de manière plutôt bien orchestrée. Le set fût court, mais efficace. La soirée commence bien.

Wolvserpent, dans la brume épaisse

Le duo américain originaire de l’Idaho va aujourd’hui nous présenter son dernier né, Perigea Antahkarana, et ce dans son intégralité. Quatre titres forts d’environ 20 minutes chacun qui construisent sur la galette, produite par Mell Dettmer (SUNN o))), EARTH, ou encore BORIS), une expérience déjà unique. Mais devant ce genre d’œuvre atmosphérique et contemplative, on est en droit de se demander : « Qu’en sera-t-il en live ? ». C’est ce que je m’apprête à découvrir.

Déjà pendant les balances, le groupe installe son ambiance épique, à grands renforts de chants diphoniques, de crépitements de flammes et fumée épaisse. La ravissante Brittany McConnell fait alors sonner de son violon électrique les premières de notes de Within a Grey Light, avant de rejoindre les fûts qui rythmeront le reste de mon voyage. En quelques instants, je me retrouve absorbé dans l’univers sombre et froid du groupe. Je progresse alors dans une brume épaisse de distorsions, dans laquelle des cris fantomatiques sont mes seuls repères. La rythmique se veut lourde, tribale et envoûtante. Une violence certaine règne sur les différentes compositions, sans que celles-ci ne soient jamais inutilement agressives.

Comme sorti d’une tempête, le groupe nous propose de contempler les dégâts sur la sublime In Mirrors of Water. Le violon pose alors une mélodie belle et lancinante sur une ambiance maîtrisée par Blake Green, la moitié masculine de la formation, à l’aide d’une multitude de pédales et d’effets sonores. Le morceau s’alourdit progressivement par la suite, jusqu’à nous emmener dans une cavalcade furieusement Black. Après une dernière escale via la très atmosphérique A Breath in the Shades of Times, Concealed Among the Roots and Soil met un point final à mon tumultueux et savoureux périple.

Le retour des lumières me rappelle à la réalité et fait réapparaitre un public dont j’avais totalement oublié l’existence. Je quitte alors les lieux en compagnie d’un acouphène des plus sympathiques qui me permet, à ma grande satisfaction, de prolonger un peu plus l’expérience.

Giacomo Boucart

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