Promesses tenues pour Liars aux Heures InD

Samedi 11 septembre, dernière soirée pour le micro festival Les heures InD, mis sur pied par l’équipe organisatrice des Ardentes. Pour la cinquième année déjà, l’évènement accueille la crème du rock indépendant. Pour un week-end, Indoor et Indie ne font qu’un à la caserne Fonck.

LiarsC’est avec un objectif bien précis que j’arrive dans l’ancien manège, vieux de presque deux siècles. Ce soir-là se produit Liars, formation rock US expérimentale que j’ai connue par hasard en tombant sur ce qui reste certainement leur album le plus atypique : Drums not dead. Avant de vous dire tout le bien que je pense d’eux, laissez-moi vous parler de ce qui passait juste avant…

BRNSPlus cantonné à sa ville natale, BRNS est un groupe qu’il n’est plus besoin de présenter pour la plupart des amateurs de rock belge. Avec plusieurs dates dans des pays limitrophes et même au Royaume-Uni, les Bruxellois connaissent un succès fulgurant depuis leurs débuts en 2010. Le secret de cette réussite s’explique aisément au travers de leur performance : le son est très bien produit, les morceaux accrochent facilement sans être totalement dénués de personnalité, et les membres du groupe, rayonnants, dégagent une sympathie teintée de modestie qui force le respect.

Très in, voire un peu trop à mon goût, le groupe a déjà ses fans. Ils se font d’ailleurs bien entendre, collés à la rambarde au-devant de la scène. Dans le raz de marée rock « reverb-chorus » actuel, il faudra que BRNS prenne garde à rester suffisamment différent des milliers de groupes qui s’essayent au même exercice. Difficile toutefois de ne pas se laisser prendre au jeu : le concert est efficace et sans accrocs et le public est réceptif.

Après une courte pause, les Américains de Liars montent sur scène. À vrai dire, pas tous, le chanteur se faisant désirer pendant une intro instrumentale efficace. C’est à grand renfort de pas démesurés et de gesticulations diverses qu’il se montre enfin, coiffé d’une cagoule multicolore bien particulière. Le groupe affiche effectivement une esthétique travaillée, leur dernier album faisant l’objet d’une identité visuelle soignée qu’on retrouve de la jaquette à la salle de concert, en passant par leur site web et leur page Facebook.

Plus énergique, beaucoup plus déjanté, le chanteur semble ne revenir à la réalité que pour brièvement remercier un public partagé entre admiration pour les amateurs et surprise pour les non-initiés. De fait, il y a de quoi être surpris ! Le son ne peut laisser indifférent : il est lourd, souvent saturé. Le chanteur enchaine interjections aigues et plaintes laconiques. Dans une tempête électro-acoustique ponctuée de moments calmes presque pesants, les morceaux s’enchainent, formant une série de mélodies harmonieuse à la diversité remarquable. Chevauchant la grosse caisse du batteur, semblant presque vouloir gêner un claviériste dont on retiendra les goûts vestimentaires particuliers, le leader de Liars semble irriter quelque peu l’équipe technique, notamment quand il renverse des caisses d’équipement en montant sur les baffles. Que du bonheur cependant pour les connaisseurs qui, comme moi, sont transportés.

Liars Heures InDOn est très vite à la fin du concert, finalement assez peu expérimental. Après deux minutes, les musiciens reviennent. Ce n’est pas fini ! D’abord calme, le bis de dix bonnes minutes débute sans laisser de place au doute : Liars va jouer ce qu’il a de plus original. Les morceaux choisis de Drums not dead se transforment vite en un ouragan sonore dont le tempo s’emballe. Plus rien n’arrête le sampler du vocaliste, en transe, et c’est sans surprise que la guerre tonitruante que se livre chaque instrument prend fin subitement, laissant derrière elle un public marqué.

Liars est certainement un très grand groupe, au style résolument alternatif, qui parvient à toucher un public assez large en évitant de s’enfoncer dans les tréfonds de la musique expérimentale. Leur son est d’une richesse rarement vue, aidé par l’addition d’une bonne dose de folie et d’éléments électroniques. C’est un grand moment de rock qui clôture Les Heures InD, auxquelles je ne manquerai pas de faire un tour l’année prochaine.

Denis Ledent

© Denis Ledent Photo. Retrouvez toutes les photos de la soirée ICI.

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