It It Anita, lion rugissant

Bouchon Mag a rencontré Damien, Christophe et Mike pour parler de leur musique au(x) sein(s) de It It Anita. Après la sortie de son EP, on revient sur le groupe qui nous avait séduits au Propulse Festival.

It It Anita est né il y a deux ou trois ans, fruit d’une discussion (au Live Club !) entre Damien et Mike qui se découvrent alors une envie commune de faire de la musique plus bruyante et moins conventionnelle. « Damien était la personne la plus apte à comprendre cela », confie Mike. S’offre ensuite à eux la possibilité de jouer en première partie de Lieutenant à la Caserne Fonck. C’est à partir de ce moment là que les deux guitaristes et chanteurs vont faire appel à Christophe (que Damien connaît déjà pour jouer avec lui au sein de Terrils, leur autre groupe). François, à la batterie, termine de compléter le casting au moment où il quitte les Fastlane Candies.

Au début, le groupe s’appelle Jeudi Matin en référence à son jour de répétition, puis se renomme It It Anita. Une appellation qui a du chien : ça claque autant phonétiquement que visuellement, avec la triple répétition du son IT. Mais où ont-ils été chercher cette Anita ? Dans les vieux souvenirs d’enfance comme le jeu Qui est-ce, les 101 Dalmatiens, la série Hartley cœurs à vif ? Non, non, non. Le nom du groupe pourtant post-nineties sort tout droit de l’imagination de Damien qui a cru le lire sur un autocollant au milieu d’une performance envoûtante constituée de vingt batteries.

Si le groupe s’est d’abord défini comme « post-nineties », c’est parce qu’ils ont beaucoup été influencés par la musique qu’ils ont écouté pendant leur adolescence : Pavement, Mogwai, etc. S’il faut les classer dans un genre musical, on parlera aussi bien d’indie, que de post-punk et de noise. Leur truc à eux c’est de ne s’imposer aucune limite, d’avoir toujours une sorte de tension dans les chansons, un élément perturbateur qui vient au milieu du morceau dire au public que finalement, non, ils ne sont pas d’untel ou untel genre. Mike nous explique également qu’ils ont un côté un peu vieillot, ringard, parce qu’ils écoutent des vieux trucs et qu’ils adoptent souvent le schéma couplet-refrain. Leur force, c’est peut-être justement de ne pas essayer d’être dans l’air du temps. Ils font ce qu’ils aiment et n’ont pas peur de crier et de se mettre en danger en présentant des morceaux qui ne sont pas conçus pour plaire à tout prix.

© Olivier Donnet
© Olivier Donnet

Pour la composition des morceaux, c’est parfois Mike qui propose une première idée quand il a l’occasion de bosser sur des maquettes en studio et puis les autres viennent ajouter leur patte au squelette de départ. Parfois, les morceaux sont plutôt le fruit d’improvisations qu’ils font tous ensemble. Christophe raconte : « Je m’implique plus dans la composition de Terrils et Damien dans celle d’It It Anita. Je prends donc moins souvent part à leurs impros. Mon travail se fait plutôt par après, j’aime bien un peu secouer les morceaux avec ma basse ».  Cela permet au benjamin du groupe d’apporter un regard différent, car il n’a pas les mêmes goûts musicaux que ses amis, nés dix ans avant lui.

Il y a quelques mois, les It It Anita ont sorti leur premier EP aux formats cd, vinyle et cassette. Une bonne combinaison entre la praticité, l’amour de l’objet et la touche hipster. Avant l’EP, ils ont fait pas mal de promo grâce à leurs casquettes devenues célèbres, car sur toutes les têtes (entre autres sur celles de My Little Cheap Dictaphone, Girls in Hawaii et The K). « On n’avait pas encore d’EP, on voulait un truc à proposer aux gens. Christophe a proposé les casquettes. Il y en avait 100, ça a beaucoup circulé » raconte Damien. Entre leurs visuels et le merchandising, le groupe peut se targuer d’avoir une communication impeccable : « La com’, c’est le métier de Damien et puis, on a de la bouteille. Il nous manque encore un clip » nous dit Mike. Quand on leur demande comment s’est déroulé l’enregistrement de l’EP, Christophe nous répond qu’ils ont eu beaucoup de chance car ils se sont directement sentis à l’aise dans le studio, avec Laurent Eyen, ce qui a permis d’enregistrer rapidement les cinq morceaux.

Rien ne semble être laissé au hasard avec les IIA. On leur a donc demandé de nous expliquer le titre de chacun des morceaux de l’EP : « G-Round, c’est pour la note sol (G), qui est jouée en boucle (round) dans la chanson, et puis, ça fait GROUND et ground, c’est le sol ». « Pour Tacoma, c’est en rapport avec le pont canadien qui a craqué. Chris est ingénieur et les paroles de la chanson (« We cross the bridge, we’re safe ») lui ont fait penser que c’était l’inverse de l’histoire de ce pont ». Le morceau F# doit aussi son titre à une note de musique, car il se termine par une note décalée qui n’était pas présente dans le reste de la chanson. Il reste NPR qui n’est pas l’acronyme d’une radio, mais qui vaut pour Nail Polish Remover. Les paroles de la chanson parlent d’une fille qui sombre dans la drogue et qui va se suicider.

Les It It Anita seront prochainement en tournée un peu partout en France, mais avant ça, il leur restera quelques dates en octobre à Liège (le 24 au CPCR) et à Bruxelles (le 16 au Botanique & le 26 au Magasin 4), profitez-en ! Mais surtout, Mike et Damien viendront également mettre l’ambiance à l’anniversaire de Bouchon Mag le 19 septembre au Live Club. Venez leur dire que vous les aimez.

Retrouvez-les sur http://ititanita.com/ et http://ititanita.bandcamp.com. Pour les pigeons voyageurs, les dates de la tournée en France sont disponibles ici.

Julie Jüngling

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s