Avec « Deux jours, une nuit », les frères Dardenne signent leur chef-d’œuvre

Adoubé par la critique à Cannes, le nouveau film des frères Dardenne fait rayonner le cinéma liégeois sur la Croisette. Un succès exagéré ou mérité ? Bouchon Magazine a vu « Deux jours, une nuit » et vous livre sa critique.

Deux jours, une nuitSandra, une jeune mère de famille, risque de perdre son travail si ses collègues décident de ne pas laisser tomber leur prime. Elle a « Deux jours, une nuit » pour les convaincre. Les portes s’ouvrent, se referment et laissent entrevoir des élans de compassion, de pitié, de soutien, d’égoïsme et de méchanceté. Des élans d’humanité, tout simplement.

Les histoires les plus simples sont parfois les plus belles. Les frères Dardenne, en racontant le combat de cette femme à la fois forte et fragile, démontrent ce postulat avec brio. Un coup de fil lance l’histoire, un autre la referme. Entre les deux, une épopée sociale nous est contée avec une simplicité et une efficacité qui vont droit au coeur.

« Deux jours, une nuit » est un film dépouillé, sans artifice, porté par la grâce d’une comédienne au sommet de son art. Comme Dahan, Audiard et Gray avant eux, les frères Dardenne ont su tirer le meilleur de Marion Cotillard. L’actrice française campe une Sandra bouleversante qui s’inscrit dans la lignée des grands personnages féminins de la filmographie des Liégeois. Face au rayonnement d’un tel talent, Fabrizio Rongione ne prend aucun risque et se contente de donner la réplique avec sobriété.

« Deux jours, une nuit » porte finalement bien mal son nom, car le film des frères Dardenne restera beaucoup plus longtemps gravé dans les mémoires. Il prend une place à part dans leur filmographie, comme une promesse de renouvellement vers un cinéma plus lumineux et plus optimiste. Pour une fois, les frères évitent de tomber dans le piège du misérabilisme social.

Tout en retenue, « Deux jours, une nuit » se pose comme le chef-d’œuvre absolu des Liégeois, pour qui une nouvelle consécration cannoise semble d’ores et déjà promise. Et, cette fois-ci, personne n’osera la contester, tant elle sera méritée.

Max Bastin

Les Grignoux organisent une projection spéciale le lundi 26 mai à 20:00 au Parc, en présence des frères Dardenne, de Marion Cotillard (sous réserve) et de Fabrizio Rongione.

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