La sucette à l’orange, le nouveau roman de Sarah Fafchamps

La sucette à l'orangeBouchon Magazine a rencontré Sarah Fafchamps, une jeune liégeoise qui publie un nouveau roman à compte d’auteur. Retour sur le contexte d’écriture et d’édition de La sucette à l’orange.

Le récit s’ouvre sur la rencontre, autant improbable qu’interdite, d’Emma, huit ans, et de Victor, douze ans. Tout les oppose, Emma est rom et illettrée ; Victor, roumain et premier de classe. Leur amitié naissante permettra à Emma de découvrir les lettres et les chiffres, mais aussi le mépris, parfois démesuré, de Victor et de ses camarades. Dans le roman se glissent poésie et conte, autant de couleurs dont les mots se maquillent pour inviter Emma dans leur monde.

Quel a été le point de départ de cette histoire, ta première inspiration ?

J’avais envie d’écrire sur une rencontre interdite. En Roumanie, où j’ai fait plusieurs voyages, j’ai vu les Roms et j’ai réalisé le décalage qu’il y avait entre ce peuple et celui des Roumains. C’est ça qui m’a inspirée.

L’idée du lieu est venue ensuite ?

Oui. D’ailleurs, le pays n’est pas cité clairement, je mentionne seulement deux ou trois noms de villes. C’est un peu comme dans un conte, le lieu n’est pas déterminant sur l’histoire. Il y a certains lecteurs que ça déroute, mais c’est voulu. Je ne veux pas faire le travail à leur place, ce n’est pas un film ! (Rires).

C’est systématique pour toi de ne pas situer ton histoire ? (Sarah en est à sa cinquième publication, NDLR).

Non, parfois c’est l’inverse : pour mon prochain roman, j’ai envie de parler de l’Ardenne. Là, le point de départ sera le lieu et je devrai trouver une thématique.

Une fois le thème et le lieu choisis, combien de temps dure l’écriture ?

Tout dépend de mon emploi du temps. Quand j’ai écrit mon premier roman (Une larme pour mon père, NDLR), j’étais en cinquième secondaire. J’écrivais quasiment tous les soirs après l’école, à la main. L’écriture a pris environ huit mois car il a ensuite fallu tout dactylographier. C’était la galère, je me suis dit : « Plus jamais à la main ! »  (Rires). Quand j’ai écrit La sucette à l’orange, je terminais mes études et j’ai dû faire une pause d’un an à cause du mémoire. En trois ou quatre mois, j’avais écrit les 200 pages suivantes ! C’est donc difficile de dire combien de temps ça prend. J’ai déjà écrit un roman en un mois ! 

Comment se passe la phase de publication ?

Ça prend du temps aussi car il y a les relectures et le délai de réponse des maisons d’édition. Généralement, on retravaille l’ouvrage après avoir reçu une réponse négative. C’est ce qui s’est passé pour La sucette à l’orange : j’ai retiré beaucoup de passages par rapport à la version que j’avais envoyée à l’éditeur.

Finalement, tu as décidé de publier à compte d’auteur…

Oui. Il a fallu que je trouve un imprimeur. Je l’avais déjà fait il y a sept ans (année de publication de son premier roman, NDLR), mais je trouve que c’est beaucoup plus difficile maintenant : le prix de vente proposé revient souvent à 15-20 € pour un format poche, c’est très cher ! Par chance, j’ai pu avoir l’appui d’une graphiste pour trouver un imprimeur. C’est uniquement parce qu’il m’a fait un prix que ça a été possible.

Financièrement, tu es plutôt gagnante ou perdante ?

Je suis moyennement gagnante. Le livre coûte 9,50 € et je gagne moins d’1 € par exemplaire, car les libraires prennent 30 % (c’est même 40 % dans le cas de la Fnac). Si on compte les trajets et le temps qu’il faut pour aller déposer les exemplaires dans les librairies et si j’avais dû payer un graphiste pour la couverture, je serais clairement perdante.

Pour éviter ce genre de frais, pourquoi ne pas avoir publié le roman sur Internet ?

J’ai failli le faire, mais ç’aurait été par dépit car je suis attachée à l’objet livre. Et comme j’ai trouvé un imprimeur, j’ai préféré opter pour cette solution. En revanche, je vais peut-être republier mon premier roman sur le net car il n’est plus disponible en format papier.

Quels ont été les premiers échos des lecteurs ?

Certains m’ont dit qu’ils avaient eu du mal à accrocher au début de l’histoire. On me reproche parfois de ne pas assez écrire dans la perspective de vendre, mais c’est parce que j’écris d’abord pour mon plaisir. C’est un passe-temps, comme peut l’être la musique pour certains, mais ça ne pourrait pas être mon métier.

Tu organises encore des séances de rencontre pour tes lecteurs ?

Oui, la prochaine aura lieu le lundi 14 avril à la bibliothèque de Malmedy, lors de la rencontre mensuelle du cercle de lecture. Il y en aura une autre le vendredi 25 avril à 20h30 à la bibliothèque de Trois-Ponts.

Entretien réalisé par Noémie Aquilina

La sucette à l’orange, de Sarah Fafchamps (9,50 €). Disponible à la librairie Pax et au Press-shop de la rue de la Régence.

www.sarahfafchamps.be

 

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