Pourquoi vous ne devez pas refuser un opéra participatif

Soyez honnête : si quelqu’un vous proposait une place pour un opéra participatif, ce qui signifie un opéra où vous devriez chanter, l’envie de prendre vos jambes à votre cou vous parcourrait l’esprit. Et ce, même si vous étiez le plus extraverti des chanteurs de salle de bain. Votre rédacteur bouchonnesque a pourtant pris place aux côtés d’une horde d’enfants le temps d’une opérette. Contrairement à toute attente, je ne suis pas parti en courant de la représentation de « L’enlèvement au Sérail » de Mozart.

Mozart

Tout ce que je souhaitais, c’était vivre une approche différente de l’œuvre de Mozart à travers une adaptation pour jeune public. En recevant mes places, j’ai découvert un CD à l’intérieur de la lettre. J’ai écouté les pistes audio se succéder au rythme des ténors et des chœurs qui encouragent à répéter les paroles avec eux. Réticent dans un premier temps, j’avoue m’être rapidement prêté au jeu. De la même façon que je craignais la publication de ces lignes, j’espérais, en chantant, que ma voix n’atteindrait pas le mur des voisins.

Le jour de la représentation arriva. Imaginez-vous pénétrer dans ce splendide bâtiment qu’est l’Opéra Royal de Wallonie, au tapis vermeil, balcons dorés et murs immaculés. Je me retrouvai aux côtés d’une flopée d’enfants au regard fasciné devant la magie de l’opéra qu’ils découvraient pour la première fois. Des répétitions générales sont proposées une heure avant le spectacle pour rassurer les petits aux mains moites. Pour ma part, je mis cette heure à profit pour arpenter les couloirs de ce charmant édifice.

 Le décor est fascinant, l’histoire prenante, l’interprétation ravissante.

Lorsque retentit le gong annonçant le début de la représentation, les spectateurs-chanteurs étaient tous en place et prêts à donner de la voix. Plongés dans un univers magique aux couleurs bleutées et orangées, les comédiens-chanteurs-acrobates fascinent petits et grands en les guidant dans les allées du palais du Pacha Sélim. Lorsque vint l’instant tant attendu du premier chant, tous se mettent à jouer de leur instrument vocal pour donner à l’opéra une nouvelle dimension, celle d’un chœur composé d’une centaine de tons.

Cette adaptation édulcorée de « L’Enlèvement au Sérail » de Mozart se révèle être un véritable conte poétique, humoristique et charmant qui n’a rien à envier à sa version originale. Le décor est fascinant, l’histoire prenante, l’interprétation ravissante. Les spectateurs se laissent emporter dans l’aventure romantique et poétique au rythme des chants et d’un discours musical rempli d’émotions, laissant au final le souvenir d’un spectacle qui se joue autant sur scène que dans la salle. Une approche de l’opéra différente pour une journée d’évasion à deux pas de chez soi. Si d’aventure quelqu’un vous offrait une place pour un opéra participatif, ne prenez pas vos jambes à votre cou et dites : « Oui ! ».

Quant à moi, c’est certain, je fais The Voice l’an prochain.

Florian Coheur

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