My Little Cheap Dictaphone signe son grand retour

MLCDThe Smoke Behind The Sound, le nouvel album du groupe liégeois My Little Cheap Dictaphone, sort dans les bacs le 20 janvier prochain. Le groupe n’a pourtant pas attendu sa sortie pour dévoiler son premier single le 3 décembre dernier, Bitter Taste of Life. Une belle occasion pour Bouchon Mag de rencontrer Michael Lariviere, le chanteur et leader de MLCD !

Votre prochain album The Smoke Behind The Sound sort le 20 janvier. Le titre a-t-il une signification particulière ?

C’est assez large en fait. À la base, c’est un extrait des paroles de la chanson Fire, celle qui ouvre l’album. Cette chanson parle de la folie, un des personnages perd pied. Je trouvais que c’était une belle image pour l’album aussi. Cela représente également tout ce qui est derrière : le son de l’album, le travail réalisé, la composition. Bref, tout l’esprit qu’on a voulu y mettre. Et c’est ce qui reste une fois qu’on a joué un concert. Ça laisse une empreinte.

Pourquoi avoir choisi de sortir The Bitter Taste of Life comme premier single plutôt que Fire ?

The Bitter Taste of Life est plus une chanson qui est faite pour la radio, Fire n’a pas trop le format pour passer sur les ondes. La première moitié est très calme. On trouvait que Fire était un morceau qui pourrait bien donner avec des images. Nous avons rencontré le réalisateur Nicolas Guiot qu’on connaît un peu. Il a notamment reçu le César du meilleur court métrage en février 2013 pour Le cri du Homard. Il a flashé sur Fire. On s’est dit que c’était une chanson qui valait la peine d’être mise en images.

Est-ce qu’il y a un fil rouge, une histoire comme il y avait dans The Tragic Tale of a Genius ou s’agit-il de morceaux plus disparates ?

C’est plus un album traditionnel. On voulait vraiment prendre le contrepied de The Tragic Tale qui était un peu un opéra rock. On était obligés de jouer les chansons dans le même ordre à chaque concert. On voulait revenir à un album plus classique. Il y a toujours une cohérence dans les thèmes abordés qui sont plus personnels. Dans le précédent album, c’était en partie basé sur la vie de Bryan Wilson. Ici, on revient à quelque chose de plus personnel. On ne voulait plus d’arrangements symphoniques, de cordes, de violon, etc. Il n’y a plus d’invités sur l’album non plus. Par contre, on a gardé le visuel live, on veut donner davantage qu’un simple concert aux spectateurs. Les atmosphères ont été travaillées, la scénographie aussi. On utilise des images pour illustrer notre musique et ainsi plonger les gens dans une atmosphère.

Pour ce nouvel album, vous avez fait appel à nouveau membre…

On est cinq dans le groupe maintenant. Manu Delcourt, un parisien, nous a rejoints. Parallèlement à notre nouvel album, on a composé une bande originale pour Roméo et Juliette d’Yves Beaunesne au Théâtre de Liège. Le metteur en scène avait des références aussi bien classiques que rock. On a cherché un arrangeur, une transition entre ces deux références. On est parti en retraite deux semaines dans un mas en Provence qu’on nous a prêté pour composer l’album. On a travaillé avec Manu, et ça s’est tellement bien passé qu’on lui a proposé de rejoindre le groupe. Trois mois après, il quittait Paris. Cela va faire un an qu’il est installé à Liège.

Comment s’est passée votre rencontre avec le producteur Luuk Cox (Girls in Hawaii, Shameboy), est-ce lui qui est venu vers vous ?

Non, c’est nous qui avons été vers lui. On cherchait un producteur qui soit vraiment impliqué dans l’album dès le début. On voulait avoir son avis avant d’entrer en studio, discuter avec lui des morceaux et des arrangements. On a démarché pas mal de producteurs anglais qu’on aimait bien. Soit les prix étaient inabordables, soit ils étaient disponibles quinze jours ou trois semaines. Nous, on voulait quelqu’un pendant six mois et qui soit vraiment un membre à part entière du groupe. On a donc rencontré Luuk Cox et, directement, on a senti que c’était la personne qui nous fallait. Il était très directif et avait sa vision des choses. On a tendance à se poser beaucoup de questions. Lui disait directement : « On va faire comme ça et pas comme ça ou comme ça ». Il nous a fait gagner plein de temps en fait. Cela faisait deux ans qu’on enregistrait à gauche et à droite, qu’on empilait des tas de chansons. Il a écouté une vingtaine de maquettes. Il a dit qu’il y avait vraiment dix chansons qui nous correspondaient. Pour nous, ça a été une révélation, ces dix chansons forment un tout. On s’est focalisé dessus pendant six mois.

© Kmeron
© Kmeron

Qu’est-ce que ça fait de travailler dans de grands studios comme Abbey Road à Londres et ICP à Bruxelles ?

On a enregistré l’album à ICP et on a masterisé à Abbey Road. C’est Luuk Cox qui nous a poussés à aller dans ces lieux. Pour nous, c’était un peu inaccessible. Ce sont les grosses pointures qui y travaillent. Mais voilà, tout est possible ! C’était un rêve, on adore travailler en studio, s’imprégner de l’endroit. Ce sont de superbes lieux, chargés d’histoire. On avait peut-être peur au début d’enregistrer à ICP et d’être mal à l’aise. On s’est dit que ça allait être froid, trop grand. En fait, ce sont des endroits très chaleureux, des studios qui donnent de l’inspiration et ce sont des conditions idéales pour travailler. On a travaillé sur cet album pendant six mois.

The Tragic Tale of a Genius a notamment reçu deux Octaves de la musique (Album et Artiste de l’année) en 2010 et a été l’Album de La semaine dans le Sunday Times anglais. Est-ce que vous ressentez une certaine pression ?

On a eu un peu cette pression quand on composait les chansons. On ne voulait pas s’enfoncer de nouveau dans The Tragic Tale, dans une niche et refaire la même chose. On se mettait la pression à vouloir en prendre le contrepied. On s’est pas mal cherché. On a exploré plein de choses, parfois plus expérimentales, pas très accessibles. C’est là qu’on s’est mis une pression pour se réinventer et ne pas faire une redite. Pour l’accueil… on va voir. On a fait ce qu’on avait envie de faire, on est super content du résultat et on verra si ça plaît ou pas. Ce n’est plus entre nos mains.

Vous avez fait un concert « try out » à Silly le 18 octobre pour prendre le pouls de ce nouvel album.

C’était vraiment pour tester les nouvelles chansons, savoir comment les jouer sur scène, voir comment on était entre nous aussi. Nous allons faire trois dates pour la sortie de l’album : en janvier au Théâtre de Liège, à Bruxelles au Botanique et à la Maison de la Culture à Namur. On a essayé les chansons trois mois avant la sortie de l’album pour pouvoir faire des améliorations. On a enregistré beaucoup d’instruments, tout le monde touchait un peu à tout. On ne sait pas encore très bien qui va jouer quoi en live donc c’est pour ça qu’on teste un peu les choses.

Est-ce que vous avez eu des retours, des commentaires de ce concert ?

Oui, on a eu pas mal de commentaires assez positifs. C’était intéressant de voir sur quelles chansons les gens avaient flashés. L’album est différent donc des gens ont été surpris, mais agréablement. Certains pensaient qu’on allait refaire des morceaux plus cabaret rock. C’est un son assez large. Enfin, on ne pourrait pas dire que c’est un groupe belge qui a composé ça.

Vous pensez qu’il y a certains préjugés sur les groupes belges ?

Non, pas spécialement, mais parfois on peut penser que les groupes wallons sont dans une certaine niche. On ne s’est jamais mis là-dedans, on a tourné beaucoup à l’étranger. Par exemple, pour le précédent album, on a été au Canada et en Angleterre. Ils ne nous associaient pas à dEUS, à Ghinzu, à Girls in Hawaii. Ils nous considéraient comme un groupe de rock indie du moment, sans spécialement s’attarder sur le fait qu’on soit belge. On n’a jamais eu l’impression d’être dans cette vague belge au niveau du style, on a toujours fait notre truc. On s’est plus inspirés des groupes rock indie américains que belges par exemple.

Vous savez déjà dans quels festivals en Belgique vous allez jouer ?

Je pense qu’on va faire un maximum de festivals. C’est encore un peu tôt pour le dire, c’est souvent vers février ou mars que cela se décide. Je pense qu’on va faire tous les classiques habituels comme les Ardentes, le Brussel Summer Festival, les Francofolies. Ce n’est pas encore sûr, mais on espère être un peu partout !

Vous faites un album à peu près tous les quatre ans. Est-ce qu’on peut s’attendre à un prochain opus dans quatre ans ?

Je ne sais pas ! On tourne beaucoup donc au final cela prend toujours du temps. On aimerait que ce soit trois ans plutôt que quatre. On suit un peu le flow de tout ce qui se passe après, on fait au mieux. Et quand c’est prêt, c’est prêt !

Est-ce que vous auriez une petite exclusivité à confier à Bouchon Mag !?

Je ne sais pas trop quoi dire (rires) ! Je reviens d’un week-end à Londres où on a tourné Fire. C’était quelque chose de très intense, très spécial ! Je ne vais pas dire le pitch du clip, c’est une surprise. Vous verrez quand ça sortira. On a tourné en conditions réelles, un peu à l’arrache. Et on avait une super actrice qui joue le rôle principal, Pauline Etienne. Elle est nominée aux César comme Révélation de l’année. C’est une jeune Belge qui est super. On voulait vraiment que ce soit elle qui joue le rôle principal. Le clip sortira pour le 20 janvier au plus tard.

Quelques dates à retenir :

  • 11/01/2013 : Maison de la Culture, Namur
  • 29/01/2014 : Botanique, Bruxelles
  • 07/02/2014 : Théâtre de Liège + After  party « La Planète des Singles » 

Entretien réalisé par Joéllie Sprumont

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