Chroniques d’une Nocturne

Depuis 20 ans, la Nocturne des Coteaux de la Citadelle illumine notre Cité Ardente. Cette année, les rédacteurs du Bouchon Magazine se sont fondus dans la foule pour vous raconter leur soirée, à la fois festive et culturelle. D’exposition en concert, de concert en spectacle de rue, de spectacle de rue en bawete : la Nocturne comme vous ne l’avez jamais lue.

© Vincent Verhaeren
© Vincent Verhaeren

20h37 – Rue Pierreuse (Max)

En bas de la rue Pierreuse, une petite librairie attire notre attention. L’Entre-temps regorge de livres de goûts : Robert Merle, Cormac McCarthy, un manuel de latin. Les maisons d’édition indépendantes sont aussi à l’honneur. Au sous-sol, une ancienne cave à vins abrite une exposition temporaire, consacrée au photographe Vincent Verhaeren. Pendant cinquante ans, cet homme a parcouru 110 pays pour finalement atterrir ici, rue Pierreuse, où ses photos en noir et blanc nous transportent, le temps d’un instant, loin, bien loin des Coteaux…

21h03 – Cour des Mineurs (Marie-Cath)

Il y avait un gars qui remuait des bras et des jambes devant de grands cubes colorés. Il participait à une œuvre interactive de Paperpixel, Kubes, animée grâce aux mouvements de son corps. Oui, on a toujours l’air un peu con face à une œuvre interactive. Mais les boucles sonores et les effets visuels se suivaient avec rythme et le bienheureux reçut quelques applaudissements mérités. Une jeune fille prit sa place. Elle décida de bouger un orteil. Puis l’autre. Puis rien. Puis la tête, vers sa copine. Puis rien, de nouveau. À chacun son potentiel créatif. On est parti prendre un verre.

21h30 – Point de vue de la Citadelle (Florian)

Hier soir, en déambulant sur les hauteurs de la Citadelle, les marcheurs pouvaient y entendre l’écho des tambours frappés par des baguettes. A mi-chemin entre la Montagne de Bueren et le bois des Carmélites, s’était installé un petit groupe de six percussionnistes : « Sursum Corda », ou « Haut les cœurs » en latin. Au son des vibrations, les mains et les voix se sont elles aussi élevées très haut pour accompagner cette joyeuse bande d’instrumentalistes à l’air médiéval. La foule, amassée en grand nombre autour de leur tonnelle, ne poursuivit sa route qu’une demi-heure plus tard, lorsque le dernier coup de baguette frôla la peau de batterie, laissant les marcheurs conquis, le cœur battant toujours au rythme des tambours.

© Alain Godefroid
© Alain Godefroid

22h12 – En face de l’impasse Venta (Max)

Une double exposition semble nous attendre dans l’Espace Venta. Cependant, ce ne sont pas tant les sculptures de Monique Peeters que les acryliques d’Alain Godefroid qui attirent notre attention. L’artiste peint et dépeint, à travers des cases de bande dessinée, des portraits d’hommes et de femmes, mais aussi des paysages et des instants de vie. Conquis, je regarde le prix d’une petite case. Gloups. Ce sera pour une autre fois. Dans une autre vie, peut-être.

22H45 –Impasse de l’ange (Julie)

Au fond d’une impasse, une voix résonne, celle de Sandra Liradelfo. Il n’y a pas que le chapeau de l’artiste qui nous évoque Amélie Nothomb, mais aussi son talent de conteuse. Sandra nous embarque dans ses histoires sur un rythme enjoué, accompagné de bruitages et mimiques empreints d’une gaieté toute enfantine. Les gens s’arrêtent, passent et repassent au fond de l’impasse. Avec eux, ils emportent ces quelques notes de musique et, surtout, ces paroles biscornues : « Bye bye ta bistouille, caractère de citrouille ! ».

23h57 – Bar Ecolo (Marie-Cath)

À la recherche de pipi-room. Les filles ont une petite vessie et sont prêtes à endurer les toilettes sèches s’il le faut. Stoppées net par une bobo-blonde à la voix grave « Hé, c’est pas des toilettes publiques ici ! », nous sommes contraintes de quitter les lieux. On s’en souviendra lors du prochain bulletin. Pour se requinquer, on a pensé prendre un verre.

00h34 – Rue Hors-Château (Max)

Au pied de l’église Saint-Barthélemy, des jongleurs de feu illuminent la nuit. Il fallait bien ça pour combler le budget consacré aux bougies qui, chaque année, semblent s’éteindre à petit feu. Peu importe, le Liégeois aura toujours cette petite flamme à l’intérieur de lui. Celle qui lui permettra, chaque année, de tomber amoureux de sa ville. Si belle lorsqu’elle est drapée d’ombres et de lumières.

La rédaction du Bouchon Mag

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