Le Henri de Yolande

HenriDans le cadre de la décentralisation du FIFF, le cinéma Sauvenière a accueilli ce dimanche 29 septembre le public liégeois à l’avant-première très attendue du dernier film de leur compatriote Yolande Moreau, Henri.

On la connaît tous, la Yolande. Des petits yeux bleus plissés, un teint de porcelaine, des cheveux auburn en pagaille (devenus gris !). Un air décalé et un accent bien d’chez nous. Les plus aguerris la connaissent pour son one-woman show Sale affaire, du sexe et du crime et son rôle de Yolande Morelle de la famille Deschiens. Les autres la reconnaîtront sous le doux nom de Madeleine Wallace « Et on dit pleurer comme une Mad’leine ! Hein c’est ça qu’on dit ? Et Walace ! Les Fontaines Walace ! C’est vous dire si j’étais prédestinée aux larmes… » ou au nom de Séraphine en 2009. Hier, nous étions réunis pour applaudir son talent de réalisatrice. Il faut dire que presque dix ans après son magnifique Quand la mer monte, coréalisé avec Gilles Porte et récompensé des Césars de la meilleure première œuvre et de la meilleure actrice, on l’attendait au tournant.

Henri est mou, usé et un brin alcoolique. Patron d’un bistrot près de Charleroi, il ne semble plus s’intéresser qu’à la colombophilie et à ces bonnes vieilles Leffe enfilées à la chaîne avec ses deux copains, Bibi et René. Suite au décès de sa femme « belle, mais un peu chiante », il décide d’engager un « papillon blanc », une jeune femme nommée Rosette, résidente dans un foyer pour handicapés mentaux.

Le synopsis n’est, à la lecture, pas des plus réjouissants. Le film pourrait en effet sembler bien lourd, avec un sujet grave et des décors fatigués. Fort heureusement, Yolande a le souci de nous faire remarquer que la poésie peut sortir de ces endroits-là et a l’humour qu’il faut pour ponctuer le film de répliques mordantes. La réalisatrice aime se faire rencontrer deux solitudes et filmer le lien ténu qui les unit. C’est sa vulnérabilité qui rend l’histoire vraie et attendrissante.

Candy Ming irradie dans son rôle de Rosette. Nombreuses sont les pures scènes de cinéma où l’image seule démontre tout son désir de normalité, de sexe et d’amour, loin de son foyer pour handicapés. Pippo Delbono interprétant Henri, souffre, lui, d’un personnage trop fade, trop mou, trop marginal même pour que l’on s’y attache de bout en bout. Si le film tend à décevoir par instants, c’est par son personnage principal que nous aurions voulu aussi intense que les Irène et Dries de Quand la mer monte.

Le film reste empli d’une humanité et d’une tendresse toute particulière à Yolande Moreau, que l’on n’aura pas fini de saluer. Avec Yolande, on est loin, très loin du tire-larme gratuit. On regrette de ne pas avoir profité de sa présence pour cette avant-première ainsi que celles des deux acteurs principaux. Nous nous sommes contentés d’applaudir Wim Willaert (le brillant Dries) qui a composé la musique du film, Gwenn Berrou interprétant la fille de Henri et Jacques-Henri Bronckart de Versus Production. Il paraîtrait que Yolande a eu peur de réaliser son premier film en solo… Nous, on fait fi des faiblesses d’Henri et on l’encourage à nous sortir un troisième film… avant dix ans !

Sortie en salle prévue pour le 11 décembre.

M-C Sohier

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