Tourné au vinaigre : les fêtes de Wallonie à Liège

JeniferChronique du vendredi 13 septembre

19h. Je ne sais pas vous, mais moi, rester à la maison un vendredi soir, ça me déprime (presque autant qu’un dimanche par gueule de bois). Du coup, vendredi dernier, en tant que chroniqueur néophyte pour le Bouchon Mag, je décidai de me rendre au cœur de notre Cité Ardente, dans l’antre sacré de notre histoire séculaire : la place Saint Lambert, devenue le haut lieu de la culture liégeoise depuis qu’on y organise la diffusion des matchs du Standard, des Diables Rouges et, aujourd’hui, l’ouverture des Fêtes de Wallonie avec une soirée 100% The Voice.

Alors oui, vous me direz : « Les fêtes de Wallonie, ça se fait à Namur, blablabla, capitale wallonne, blablabla ». Ce à quoi je répondrai que le Liégeois, dont la mauvaise foi n’a d’égal que le chauvinisme, trouve que sa ville est plus festive que Namur, que sa gare est plus belle que celle qui sera construite à Mons, que son club de foot est meilleur que celui de la capitale ou encore que ses politiciens sont moins corrompus que ceux de Charleroi.

Mais revenons à cette soirée The Voice qui tombait le jour de la finale de Secret Story (le calendrier médiatico-culturel est parfois impitoyable, Dieu bénisse le Voocorder). Je ne vous ferai pas l’injure de vous parler de la prestation de Renato, pur produit de la chanson italienne liégeoise (dédicace à Frédéric François s’il me lit), ni de celle de Bastian Baker (c’est qui ce mec ?) pour me consacrer directement à la tête d’affiche de la soirée : Jenifer.

22h15. La place est comble, l’assistance retient son souffle. Il y a des gens de tout âge, de tous les milieux. On peut tout de même trouver une certaine constante : plus on s’éloigne de la scène, plus l’âge et l’alcoolémie sont grands. Bernard (58 ans, SDF, 8 canettes de cara dans le sang) ferme la marche, endormi contre une poubelle adjacente au palais de justice.

La Niçoise en a fait du chemin depuis la Star Ac, surtout physiquement.

Les spots s’allument, les guitares hurlent, les cris résonnent, les tubes s’enchainent : Au Soleil, Je danse, J’attends l’amour, Ma révolution, etc. On se surprend à chanter, à connaître les paroles. C’est qu’on a grandi avec, la petite Jenny. Et la jeune Niçoise en a fait du chemin depuis la Star Ac, surtout physiquement. Je suspecte d’ailleurs l’assistance masculine de ne pas être là uniquement pour la musique.

Dix chansons pop et un massacre de France Gall plus tard, Jenifer remercie chaleureusement son public avec la démagogie qui s’impose. Elle laisse sa place à Quentin Mosiman, « l’un des meilleurs DJ’s du monde » si l’on en croit un teaser d’une mégalomanie rarement égalée diffusé avant sa montée sur scène. Pour ma part, je sens que je recule de plus en plus vers le fond de la place (ne pas finir comme Bernard, ne pas finir comme Bernard). La  pluie se met à tomber, cela va être dur de rester. Quent’ nous balance alors une électro assez basique pour ne pas dire primaire. Boum Boum – Nirvana – Boum Boum – Mackelmore – Boum Boum.

C’en est trop pour moi, je quitte les lieux. Un Français* qui nous balance de la musique de Flamands… Vive les fêtes de Wallonie !

A.S.

* Il se trouve qu’après une enquête d’investigation poussée mêlant les services secrets français, suisses et belges, notre DJ en herbe serait né à Genève et donc depuis l’annexion de ce canton par la communauté helvétique en 1815, serait Suisse.

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